ActualitésPortrait de Franck Poyet, patrouilleur au Viaduc de Millau

Portrait de Franck Poyet, patrouilleur au Viaduc de Millau

"Réactivité, polyvalence et bon relationnel, les maitres mots de notre métier"

Patrouilleur depuis 15 ans au Viaduc de Millau, Franck nous raconte les dessous de la profession, ce qui le motive, les moments forts de sa carrière...

Franck, tu es patrouilleur depuis 15 ans au Viaduc de Millau, peux-tu nous raconter ton parcours ?

À la base, j’ai fait un Bac Pro Accueil Assistance Conseil Clientèle parce que mon objectif était de passer les concours pour entrer dans la Gendarmerie. Pour des raisons de santé, je n’ai pas pu suivre mon plan de carrière initial et j’ai donc commencé, une fois mon bac en poche, à travailler en intérim dans le domaine de la sécurité privée. Un organisme de recherche d’emploi m’a permis de faire une journée d’observation du métier de patrouilleur au sein du groupe Eiffage. Comme cette immersion m’a beaucoup plu, j’ai demandé un rendez-vous avec le chef de service qui m’a expliqué ne pas avoir de poste vacant à ce moment-là. Au vu de ma détermination à exercer ce métier quand l’occasion se présenterait, il m’a conseillé de passer mon permis remorque. Ni une ni deux je me suis inscrit le soir-même et j’ai pu rappeler le responsable une semaine plus tard pour l’informer que j’avais décroché le fameux sésame! Quelques mois plus tard un poste de patrouilleur remplaçant s’est créé pour soutenir l’équipe des sept patrouilleurs déjà en place. Plus que motivé, flexible et sans attache, ma candidature a été retenue et j’ai signé mon CDI le 30 avril 2007.

Quelle motivation ! Et en quoi consiste la journée d’un patrouilleur ?

On ne peut pas vraiment parler de journée type parce qu’on fait les trois-huit mais la sécurité est au cœur de notre métier et implique de nombreuses missions, qu’on soit du matin (5h-13h), de l’après-midi (13h-21h) ou de la nuit (21h-5h). Il y a les rondes, qu’on fait toutes les deux heures (il faut compter 24 kilomètres pour une ronde complète sur notre secteur qui s’étend sur six kilomètres, enclavé dans celui de la DIR Massif Central. On intervient sur le réseau autoroutier pour des pannes, des objets sur la chaussée, des accidents mais aussi au péage en période hivernale lorsque le surveillant de péage n’est pas en poste la nuit. C’est nous qui balisons en période de travaux, comme c’est le cas actuellement pour les rénovations des peintures du tablier du viaduc. Nous sommes en charge des travaux d’entretien des espaces verts et du nettoyage des sanitaires du péage et des parkings de l’aire du Viaduc de Millau. Nous gérons aussi la viabilité de l’ouvrage : contrôle et entretien des accès, glissières de sécurité, écrans brise-vent, bassins de rétention d’eau…Travailler de nuit est peut-être ce que je préfère, ça inclue les rondes et des opérations spécifiques au péage : entretien des locaux (garage, galerie) et du matériel (fourgons et équipements de péage). L’hiver exige une surveillance plus accrue et des rondes spécifiques sont nécessaires pour répondre aux conditions météorologiques et aux spécificités du tablier métallique.

As-tu une anecdote particulièrement marquante de tes 15 années d’expérience ? 

Oui, des expériences c’est pas ce qu’il manque…on pourrait écrire un livre ! L’adrénaline était bien montée une nuit il y a quelques années ; j’avais été appelé en intervention pour sécuriser le périmètre à la suite d’un accident entre des véhicules de narcotrafiquants qui roulaient à contresens pour échapper à leur arrestation par un barrage de véhicules blindés du GIGN ! Un peu moins spectaculaire mais extrêmement touchant, je me souviens aussi d’un conducteur de poids lourd en panne. Il ne m’avait pas fallu plus de cinq minutes pour lui porter assistance ; le conducteur était très surpris et heureux de me voir arriver si vite. Ce genre de moment me fait me sentir utile et heureux de faire ce métier. Il en est de même pour les remerciements qu’on reçoit sur les réseaux sociaux ou de vive-voix sur le terrain ! C’est une vraie source de motivation !

Quelles sont pour toi les qualités indispensables à un patrouilleur ?

Je dirais : la réactivité, la polyvalence et l’aspect humain, le relationnel, savoir se montrer rassurant, apaiser les choses, montrer qu’on prend en charge l’intervention. L’autonomie est importante aussi et la curiosité. Je posais beaucoup de questions les cinq premières années pour savoir comment opérer au mieux ! Bien connaître les procédures est essentiel aussi, tout comme avoir une bonne hygiène de vie ! Le sommeil est essentiel, il faut savoir le gérer pour rester en forme, ne pas hésiter à faire des siestes chez soi pour compenser avec le travail du matin ou de la nuit.

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