Un
chantier et des hommes
Directeur, chef de pile, topographe, soudeur,
coffreur… : ils ont participé à
la réussite d’un chantier exemplaire.
Au plus fort des travaux, près de 600 compagnons
travaillaient sur le site. Le viaduc ? Un vrai
succès d’équipe. Avec, pour
tous, la fierté d’avoir fait partie
d’une aventure unique. Témoignages
pris sur le vif.
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Grutier
Entre ciel
et terre
"Travailler en hauteur ne m’a
jamais vraiment impressionné. Je
n’ai jamais eu ni le vertige, ni la
peur du vide. En fait, tout est une question
d’habitude. A la dernière levée
de béton sur la plus haute pile du
viaduc, ma cabine de grue était située
à plus de 250
mètres au-dessus du Tarn. |
Chaque jour,
pendant sept heures, je dominais totalement
l’ensemble du chantier, un peu comme
un oiseau entre ciel et terre. Salle de
repos, toilette, coin cuisine, frigo, climatisation…
: j’avais à ma disposition
tout le confort nécessaire. Et pour
lever les charges allant jusqu’à
20 t à une si grande hauteur : aucun
problème ! Une caméra vidéo
me permettait de savoir exactement ce qui
se passait au niveau du sol."
Saïb Annab, grutier. |
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Topographe
Les satellites à la rescousse "
J’ai certainement passé plus
de temps en haut des piles que dans mon
bureau. Mon rôle a consisté
à vérifier systématiquement
la position des coffrages avant chaque coulée
de béton. Je devais être certain
de leur parfaite verticalité au millimètre
près. La moindre erreur de position…
et c’est toute la pile qui part de
travers ! Impensable… Sur le chantier
du viaduc, l’utilisation du GPS a
révolutionné notre façon
de travailler. Fiabilité, précision
et facilité |
d’utilisation
: 15 minutes suffisaient pour "pointer"
le coffrage, au lieu d’une heure et
demie sans ce système. Finis également
les aléas dus aux mauvaises conditions
météo. Brouillard, pluie et
vent n’ont jamais empêché
de communiquer avec les satellites.
" Pierre Nottin, topographe. |
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Directeur
des ouvrages d'art
Un paquebot d’acier au-dessus du Tarn
" L’assemblage du tablier
d’acier a démarré à
la fin de l’été 2002
sur d’immenses chantiers installés
de part et d’autre du viaduc. Les
caissons qui ont formé la colonne
vertébrale du tablier sont arrivés
de Fos. Les platelages latéraux,
quant à eux, ont été
fabriqués à Lauterbourg, en
Alsace. 1 700 m de tablier ont été
soudés et poussés du côté
nord du |
viaduc, contre
700 m du côté sud. Les ordinateurs
nous ont été utiles à
chaque phase de la réalisation du
tablier, notamment lors des lançages.
Nous avions besoin d’une parfaite
synchronisation de tous les translateurs,
ces machines indispensables pour soulever
et pousser ce paquebot d’acier de
pile en palée, jusqu’à
sa destination finale, au-dessus du Tarn.
La jonction des deux parties été
réalisée le 28 mai 2004. Un
rendez-vous qui s’est déroulé
au centimètre près, dans les
délais prévus. "
Marc Buonomo, directeur des ouvrages d’art,
Eiffel.
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Coffreur
Travailler à grande hauteur
"Depuis le début de ma carrière,
j’ai toujours travaillé sur
des viaducs en tant que coffreur. Ici, à
Millau, j’ai participé à
toutes les étapes de construction
de la pile P3, de la pose de la semelle
de béton jusqu’à la
dernière coulée, à
221 mètres de haut ! J’ai dû
m’habituer à de nouvelles techniques,
à un nouveau matériel. Avec
mon équipe, nous devions absolument
tenir le rythme : une levée de béton
tous les trois jours. A chaque fois, quatre
mètres de gagnés. Travailler
à grande hauteur ne m’a |
jamais dérangé.
Tout était prévu pour notre
sécurité. Je suis fier d’avoir
contribué à la construction
du plus haut pont du monde. "
José Barbosa Amorim, coffreur. |
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Soudeur
Un métier d’artiste
" Depuis 21 ans, je travaille chez
Eiffel. Les soudures ? J’en ai réalisé
des milliers. Sur des ponts et des viaducs
de toutes sortes. Mais jamais sur un ouvrage
aussi prestigieux que celui de Millau !
Un bon soudeur doit être minutieux
pour que le résultat soit impeccable.
Il faut analyser en permanence le bon geste
à exécuter. A chaque fois,
je recherche la perfection : un trait de
jointure net et sans coulure. Travailler
le métal, c’est comme sculpter
un bloc de pierre. Il faut sentir son ouvrage,
l’avoir dans la peau… Cela dépasse
de loin la simple notion de |
métier.
C’est véritablement un art
! "
Michel Josse, soudeur |
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Chef
de chantier
Un pont côté pile
" Fils d’artisan, j’ai
arrêté mes études en
classe de 1ère pour passer à
mon tour un CAP de maçon. Je voulais
travailler avec mon père. Ensuite,
je me suis formé par moi-même
et j’ai progressé petit à
petit pour devenir chef de chantier. Sur
le viaduc, j’ai dirigé l’équipe
de la pile P2, la plus haute, d’avril
2002 à mars 2003, puis je suis allé
sur P4 pendant quelques mois et j’ai
terminé par la prise en charge de
la construction de la barrière de
péage. A chaque fois, le défi
était le même : tenir les délais
avec une qualité |
de travail irréprochable.
Et le fait d’avoir décomposé
la construction des culées et des
piles en 9 sous-chantiers était une
source de motivation incroyable. Inconcevable
de voir une autre équipe faire mieux
que la sienne !
Dominique Laporte, chef de chantier |
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Liftier
Ascenseur, mode d’emploi
" J’ai passé près
de deux ans sur le chantier. Mon poste ?
Liftier sur P3, la deuxième plus
haute pile du viaduc. J’avais à
moi seul la totale responsabilité
de la marche et de la sécurité
de l’ascenseur permettant d’emmener
les équipes au sommet de la pile.
A 21 ans, c’était mon premier
vrai travail. Et je ne pensais pas |
que cela me plairait
autant. A chaque fois que les travaux de
la pile progressaient, je devais également
préparer et assembler les rails et
les autres éléments d’ancrage
de l’ascenseur sur la pile. Et c’est
comme ça, par tronçons successifs
de quatre mètres, que je suis arrivé
jusqu’à 221 mètres de
haut ! "
Bachir Sadouni, liftier. |
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Entre ciel et terre" |
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